L’Intelligence Artificielle dans la sphère publique & les Collectivités

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L'Intelligence Artificielle dans nos sociétés impacte nos modes de vie et habitudes (assistants de navigation d’aide à la conduite, alertes d’activités douteuses sur nos comptes bancaires, …). Dans le monde de l'entreprise, elle favorise l’émergence de nouveaux marchés et améliore l’efficacité commerciale.
Les cas d'utilisation de l'IA se développent. Récemment dans l'épidémie de la COVID-19, l'Intelligence Artificielle a été déployée dans l'effort mondial pour contenir la propagation, en aidant à la détection de zones pandémiques, en améliorant les soins ou bien dans la recherche de thérapies.


L’Intelligence Artificielle prend tout son sens dès lors qu’il s’agit d’analyser le volume exponentiel de données générées au sein des organisations et dans leur écosystème. Sa mise en œuvre a été rendu possible grâce au développement de nouvelles méthodes algorithmiques (« Machine-Learning » / « Deep-Learning » / « Réseaux de neurones ») et à la disponibilité à des coûts abordables de puissances de calcul toujours plus importantes (ferme de serveurs, cloud, processeurs graphique GPU, nouvelle génération de processeurs dédiés aux usages de l’IA).

IA et sphère publique

Les acteurs publics traitent manuellement des quantités gigantesques d’informations sur les citoyens. Ces processus manuels sont parfois synonymes d'erreurs, d'inefficacité et de lenteur dans la gestion des services.

Pour le secteur public l’enjeu de l’IA est majeur et peut contribuer à faciliter les échanges entre le citoyen et l’administration, permettre des réponses plus rapides, personnalisées et plus efficaces. Ces technologies fournissent aux gouvernements de nouvelles réponses dans les domaines de la Fraude ou de la Sécurité.

Pour les personnes travaillant dans ce secteur, l’IA signifie une réduction du temps qu'elles consacrent aux tâches de base et plus de temps à consacrer à des moyens innovants d'améliorer les services aux usagers.

Pour le secteur public, l’IA facilite les échanges entre le citoyen et l’administration, permet des réponses plus rapides, personnalisées et efficaces. Elle fournit aux gouvernements des réponses dans le domaine de la Fraude ou de la Sécurité. Click To Tweet

Exemples d’utilisation de l’IA dans la sphère publique :

  • Prévention de la criminalité :

Permettre aux autorités de gérer les quantités de données générées par les dispositifs de surveillance publique, puis d’analyser ces données en temps réel pour détecter les anomalies et les menaces. Permettre aussi aux services préventifs d’anticiper les comportements d’individus à risques grâce à l’analyse prédictive et pour les services répressifs de retrouver des criminels connus ou les enfants disparus (reconnaissance d'images, analyses sémantiques, analyses de réseaux.)

  • Détection des erreurs et anomalies :

Identifier les demandes de prestations indues voire frauduleuses auprès des organismes sociaux (automatisation, détection d’anomalies, réduction de faux positifs). Recherche de domiciliations fiscale frauduleuse (incohérence dans les opérations financières, entreprises fictives, croisement de données). Aide aux contrôles douaniers : recherche de contrefaçons ou de commerce de marchandises prohibées.

  • Fournir des services aux citoyens :

Automatiser des processus tels que les actes de naissance, les actes de propriétés, la génération de factures, le traitement des paiements, apporter des réponses aux questions des usagers, permettre le traitement de plaintes vers les autorités compétentes ou bien aider la délivrance ou le renouvellement de documents qui ne nécessitent pas d'autorisation de haut niveau.

Guider un citoyen vers les services appropriés en déchiffrant les questions via des assistants (par exemple : "Comment dois-je déclarer mes impôts ?" ou bien "quelles pièces et documents dois-je fournir pour telle prestation ? ").

Analyser le ton des courriels reçus par les conseillers afin de fluidifier et d’automatiser le traitement de ces emails.

  • Planification et élaboration de politiques :

Certaines agences gouvernementales utilisent l'IA pour recueillir l'opinion publique en analysant les tendances des médias sociaux, ce qui peut contribuer à informer ou anticiper les politiques publiques.

IA et Collectivités

Dans le secteur des Collectivités, la combinaison des données et de la technologie ouvre un nouveau champs des possibles dans le but d’améliorer le monde de l’urbain. Grâce à la généralisation de capteurs et autres « tracking » sur la voie publique couplés aux techniques de reconnaissance d’images ou d’analyses prédictives, l’IA peut contribuer à inventer de nouvelles réponses à des défis locaux impactant la qualité de vie et l’attractivité du territoire.

Pour les collectivités, l’IA appliquée aux domaines de la lutte contre la criminalité urbaine, la congestion urbaine, la transition énergétique et environnementale ou la relation usager est en pleine expansion. De nombreuses données sont générées et restent à explorer :

  • Vidéoprotection et criminalité: On commence à voir apparaitre sur le territoire, des collectivités qui mettent en place des solutions pour améliorer la sécurité telles que la reconnaissance de la silhouette d’un individu ou d’un véhicule et le suivi via des flux vidéo.
  • Planification urbaine : En analysant les flux de circulation, des solutions d’optimisation des systèmes de transport en commun, de prévision de trafic ou d’optimisation de trajet peuvent être mises en place.

La gestion du stationnement se trouve améliorée avec le développement d’applications de recherche de places et l’installation des systèmes de planification de covoiturage ou de gestion des trottinettes électriques.

  • L’urbanisation et la ville durable : l’IA permet de simuler l’aménagement d’un quartier, de zones commerciales. Elle peut aider à simuler les impacts des aménagements futurs et faciliter la gestion des espaces verts. Elle peut encore permettre la détection de mobiliers endommagés voire identifier via des images satellites des logements à rénover. Mais l’IA peut aussi être un outil de surveillance de la qualité de l'air, ou servir une gestion intelligente de la gestion de l’eau sur un territoire (sujet qui doit être adressé par des acteurs privés et publics associés).
  • Améliorer les échanges avec les citoyens: Les collectivités commencent aussi à utiliser l’IA conversationnelle (« Chatbots » embarquant des techniques de recommandations ou de « Natural Language Processing ») afin d’améliorer les services usager, par exemple :
    • Support de traitement d’accueil en Mairie,
    • Dématérialisation et traitement des paiements des taxes municipales,
    • Informations sur des demandes de services,
    • Inscription à des nouveaux services : services de bus, ramassage d’objets encombrants, ….

Une meilleure compréhension de la ville intelligente permet de mieux représenter le territoire et ainsi de mieux l’administrer ; l’IA apporte des outils pour la gouvernance des villes, des départements ou des régions. Dernièrement la crise de la Covid-19 a mis en lumière la nécessité d’une plateforme de commandement pour adapter les services urbains face à la situation d’urgence sanitaire.

Les freins

L’usage de l’IA suscite parfois de vifs débats autour de l’usage des données personnelles. Cela a été le cas par exemple lors du déploiement de capteurs ou de caméras dans les lieux publics ; les débats sont réapparus à l’occasion du vote concernant le traçage des informations dans la lutte contre la Covid-19.  Sur ce point, le droit européen est très protecteur des individus et de l’usage de leurs données (par exemple dans le cadre de la reconnaissance faciale, il faut que le législateur français précise les exceptions rendant possible son utilisation).

L’autre question souvent posée est celle de l’impact de la mise en place de l’IA sur l’emploi : l’automatisation de processus ne va-t-il pas entraîner des réductions d’emplois ? Finalement ce que l’on constate ce sont à la fois des transformations de certains métiers et la création de nouveaux.

Un vrai frein au déploiement de l’IA réside probablement dans la non-accessibilité aux données. Le cloisonnement des données pour des raisons historiques ou organisationnelles, nécessitera assurément la mise en place de réflexions pour la création de nouveaux services publics.

Les administrations et collectivités sont confrontées à des réductions budgétaires et à la nécessité de réinventer certains services publics. L'augmentation du volume de données disponibles et les capacités des outils informatiques et des technologies telles que l’IA peuvent permettre d’agir sur la performance et d’améliorer l'expérience citoyen. Pour réussir cette transformation numérique, les acteurs publics doivent mettre en œuvre des stratégies guidées par les données.

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About Author

Michel Sayag

Autodidacte, il travaille depuis plus de 33 ans chez des éditeurs de logiciels et sociétés de conseil en informatique. Michel a exercé les fonctions d’Ingénieur conseil, chefs de projets, formateur ou consultant avant-vente afin d’aider à la mise en place de solutions Décisionnelles dans des secteurs d’activités divers. Depuis aout 2002 il travaille chez SAS France où à partir de 2012 il occupe le poste de Senior Technical Account Manager pour le Secteur Public apportant son expérience et compétences techniques à ce domaine d’activité.

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